Un pied d'atelier à moins de 30 €, ça fait forcément lever un sourcil. Surtout quand les modèles de référence tournent plutôt autour des 100 à 200 €.
Lidl propose actuellement son pied d'atelier Crivit sur son site, un produit qui revient régulièrement et qui affiche 4,8/5 sur plus de 660 avis clients. J'en ai un en test en ce moment. Il est encore trop tôt pour que je me prononce sur la durée, mais en attendant, voici ce que dit la fiche technique et surtout ce que rapportent ceux qui l'utilisent depuis plus longtemps que moi.
Ce qu'on trouve dans le carton
La colonne centrale est télescopique, réglable en continu pour une hauteur de travail annoncée entre 107 et 178 cm. De quoi bosser debout sans finir avec les lombaires en vrac.
La pince à serrage rapide accepte les diamètres de 25 à 55 mm. Ça couvre la grande majorité des tubes de cadre et des tiges de selle du marché. Elle pivote à 360°, donc on peut incliner le vélo pour accéder correctement au pédalier ou à la transmission.
Un bras télescopique permet de bloquer le guidon quand on intervient sur la roue avant. C'est le genre de détail qu'on ne trouve pas systématiquement à ce niveau de prix.
Le plateau à outils intègre un compartiment magnétique. Ça évite de passer dix minutes à quatre pattes à chercher la vis de dérailleur qui a roulé sous l'établi.
Enfin, l'ensemble repose sur quatre pieds et non sur un trépied, avec la possibilité de le visser au sol si vous avez un coin d'atelier fixe. Le tout se plie pour le rangement. Environ 7 kg sur la balance du fabricant, pour un encombrement de 188 cm de haut sur 104 de large une fois déployé.
Les 30 kg annoncés, c'est là que ça coince
Lidl annonce une charge maximale de 30 kg. Sur le papier, ça avale à peu près n'importe quel VTTAE du marché.
Dans les faits, c'est plus discutable. Nos confrères de Vojo, qui l'ont testé, l'ont trouvé parfaitement stable avec la majorité des vélos essayés. Par contre, ils jugent les 30 kg illusoires : leur exemplaire semblait déjà proche de ses limites avec des e-bikes de 23 à 25 kg, et le pied travaille visiblement une fois la machine installée.
Autre point relevé, cette fois par un atelier professionnel : les fixations et la mâchoire sont en plastique dur. Pour un entretien mensuel, aucun souci. Pour un usage intensif ou pro, c'est une autre histoire.
Ce sont des observations, pas un procès. À ce tarif, personne ne s'attend à retrouver l'usinage d'un VAR Team Replica.

Le bon plan du deuxième pied
C'est peut-être là que ce Crivit trouve sa vraie place.
Si vous roulez en musculaire et que vous faites votre entretien vous-même, il fait le job sans discuter. Lavage, réglage de transmission, purge, changement de plaquettes : rien de tout ça ne le mettra en difficulté.
Si vous avez déjà un pied sérieux à l'atelier, celui-ci devient le pied d'appoint. Celui qu'on balance dans le coffre pour un week-end, celui du garage chez les parents, celui qu'on sort le jour de la sortie club. Pliable, 7 kg, on ne se pose pas de question.
Par contre, si votre bike principal est un gros enduro électrique qui flirte avec les 25 kg, je regarderais plutôt du côté des modèles annoncés à 35 kg et plus, comme le Park Tool PCS-9.3 ou le VAR Team Replica. Ce n'est plus le même budget, mais ce n'est plus le même usage non plus.
