Cet article, je l'ai publié pour la première fois en 2018. Je viens de le relire, et autant vous dire qu'il avait pris un sacré coup de vieux.
En huit ans, les réseaux sociaux ont changé leurs règles, le législateur s'est invité dans la partie, et une nouvelle façon de chercher de l'information est apparue.
Je tiens webtt.com depuis 1999 et je reçois régulièrement des sollicitations de marques, de magasins ou d'agences. Voici donc ce que j'observe depuis ma place, celle du blogueur qui se fait démarcher.
Le nombre d'abonnés ne veut plus dire grand-chose
En 2018, on choisissait un influenceur à peu près comme on choisit un pneu au poids : on regardait le chiffre.
Sauf que la portée organique s'est effondrée. Aujourd'hui, une publication ne touche qu'une fraction de l'audience affichée par un compte, et cette fraction, c'est la plateforme qui décide de son ampleur.
Je le constate sur ma propre page Facebook. Les performances sont devenues si faibles que j'ai fini par y consacrer beaucoup moins d'énergie qu'avant. Ce n'est pas faute d'avoir insisté.
Ce qui compte désormais, ce n'est plus combien de personnes voient le contenu, mais ce qu'elles en font ensuite. Un article lu en entier par trois cents pratiquants qui cherchent précisément votre produit vaut mieux qu'une story vue par dix mille personnes qui font défiler.
La niche a pris de la valeur
Sur ce point, mon raisonnement de 2018 tient toujours. Une communauté restreinte mais réellement concernée reste plus efficace qu'une grosse audience diffuse.
Un pratiquant qui suit un blog ou un compte VTT depuis des années accorde du crédit à ce qu'il y lit. Il sait que celui qui écrit roule, qu'il casse du matériel comme tout le monde et qu'il le dira si le produit ne tient pas.
Petite précision au passage : la version 2018 de cet article s'appuyait sur une statistique impressionnante concernant les achats déclenchés par une recommandation d'influenceur. J'ai été incapable de retrouver la source. Je l'ai donc retirée. Il vaut mieux un argument de moins qu'un chiffre invérifiable.
Le cadre légal s'est refermé
C'est le grand changement de ces dernières années, et beaucoup d'articles sur le sujet ne l'ont jamais intégré.
La loi du 9 juin 2023 a posé un cadre juridique à l'influence commerciale. Elle a été ajustée par une ordonnance du 6 novembre 2024 pour se conformer au droit européen, puis complétée par un décret du 28 novembre 2025.
Deux conséquences concrètes.
D'abord, les mentions. La loi imposait au départ deux formules figées. Depuis novembre 2024, une mention équivalente et adaptée au format est acceptée. L'obligation de fond, elle, n'a pas bougé d'un millimètre : l'intention commerciale doit rester claire, lisible et compréhensible. Ne pas l'indiquer relève de la pratique commerciale trompeuse.
Ensuite, le contrat. Depuis le 1er janvier 2026, toute collaboration dépassant 1 000 € HT par an et par annonceur doit faire l'objet d'un contrat écrit. Et les dotations sont comprises dans ce montant.
Ce dernier point mérite qu'on s'y arrête, côté marques. Un vélo confié pour un test dépasse largement le seuil. L'échange de mails et le bon de commande ne suffisent plus.
Mon avis là-dessus : c'est une bonne chose. Ça formalise des relations qui reposaient souvent sur du verbal, et ça protège les deux parties. Un peu de paperasse en échange de règles claires, le marché n'y perd pas.
La recherche AI, le paramètre qui n'existait pas
En 2018, la question ne se posait pas. Aujourd'hui, une partie des pratiquants ne tapent plus leur question dans Google mais la posent à un assistant : ChatGPT, Perplexity, Claude, ou les réponses générées directement dans les résultats de recherche.
Ces outils piochent dans des contenus écrits, indexés et identifiables. Pas dans des stories qui disparaissent au bout de vingt-quatre heures.
Autrement dit : le contenu écrit, publié sur un site établi et qui reste en ligne, vient de récupérer une utilité qu'on ne lui prêtait plus depuis quelques années. Voilà qui ne me déplaît pas.
Ce qui n'a pas changé d'un pouce
Le fond, lui, est resté le même : un contenu ne fonctionne que s'il apporte quelque chose au lecteur.
Un test doit être un vrai test. Avec le terrain, les conditions, et les limites du produit. Un article qui n'énonce que des qualités se repère en trois lignes, et il dessert autant la marque que celui qui l'a écrit.
C'est aussi pour ça que je préfère annoncer clairement quand je n'ai pas eu le produit entre les mains et que je me contente de vérifier ce que dit le constructeur. Le lecteur préfère savoir sur quoi il met les yeux.
Concrètement, comment ça se passe côté blog
Chaque blog a son fonctionnement. Certains travaillent uniquement avec des agences, d'autres en direct, d'autres ne prennent rien du tout.
Chez moi, ça se discute au cas par cas, selon le produit, le service ou l'événement. J'ai détaillé tout ça dans un article à part, si vous voulez savoir ce que peut apporter la communication sur un blog spécialisé VTT et comment on procède.
